Les RÉRS à L’école
20 et 21 octobre : Inter-réseaux École - Pour télécharger le programme et l'inscription : cliquez ICI
FORESCO est agréé Association éducative complémentaire de l'Enseignement public avec extension aux RERS par décision du ministre du 11 Octobre 2017.
Contexte actuel
De plus en plus de réseaux sont sollicités par des écoles ou des enseignants pour des échanges, des mises en oeuvre dans l’école ou entre l’école et le réseau, pour des formations d’équipes complètes avec le personnel enseignant et administratif, par des associations de parents d’élèves. 
De nombreuses expériences existent dans le périscolaire : leurs animateurs souhaitent se relier pour approfondir leurs démarches et pour se former en vue des les améliorer. 
Un certain nombre d’expériences démarrent dans le scolaire : cela nous semble profitable, pour les animateurs bénévoles de réseaux d’évaluer ces pratiques et de s’enrichir des pratiques essayées par des enseignants. 
Enfin, un certain nombre de réseaux et d’équipes d’animation de réseau voudrait développer des actions en lien avec les écoles et/ou en périscolaire.

Les objectifs de ces séances proposées en accompagnement éducatif sont les suivants : 
  • Favoriser la réussite scolaire grâce à de l’entraide entre élèves par la circulation, la mutualisation des savoirs de chacun(e). 
  • Développer les compétences suivantes chez les élèves : savoir résoudre les problèmes et prendre des décisions ; savoir communiquer efficacement et être habile dans ses relations interpersonnelles ; avoir conscience de soi et de l’empathie pour les autres.
  • Développer chez les élèves, l’estime de soi, la confiance en soi, la motivation à apprendre, la réflexion autour du concept de savoir, la conscience concernant sa manière d’apprendre. 
  • Bénéficier de regards bienveillants d’adultes encadrant cette activité, qu’ils soient enseignants, bénévoles ou salariés du milieu socio-éducatif.

Entraide entre élèves dans le cadre d’un R.É.R.S. (Réseau d’Échanges Réciproques de Savoirs®)
Exemple : Langues : Un pont d'entraide au dessus du Rhin

Interview de Patricia Bleydorn-Spielwoy, professeure au collège Rep Bel Air de Mulhouse (68) jusqu'en 2016, actuellement membre de Troc'Savoirs à Strasbourg.
Intervew paru sur le site "Café Pédagogique".

Comment intégrer des élèves non francophones dans un établissement?

En créant un réseau d'échanges de savoirs. C'est aussi l'occasion de travailler l'allemand en échangeant avec des collégiens d'outre Rhin. Un projet présenté au Forum des enseignants innovants en novembre 2016.
 
Souvent on apprend mieux après avoir offert son savoir...
 
Nouer des liens 

J'accueille des élèves qui viennent d'arriver en France et qui souvent le vivent mal. Il sne parlent pas la langue. Ils ont quitté leurs amis pour venir en France. Ils pouvaient être bon élève dans leur pays, ici on les considère comme faibles. Ca fait beaucoup de ruptures. Or ces élèves sont souvent plurilingues et bons en anglais et en maths. 
 
J'essaye de tisser des liens avec les élèves français et pour cela je me suis demandé ce qu'ils pourraient leur offrir. C'est comme cela qu'est née l'idée de l'échange de savoirs. Cela vient aussi de la conviction que quand on échange nos savoirs on ne s'appauvrit pas, au contraire on s'enrichit. 
 
Nous avons aussi entamé des échanges de savoirs avec les élèves d'un collège d'Offenburg en Allemagne. 
 
Comment faites vous ?  
 
J'utilise une heure d'accompagnement éducatif en co-intervention avec une collègue et deux bénévoles de l'association Le Rezo au collège. C'est un dispositif qui a lieu après les cours. Et aussi une heure trente au centre socio-culturel de la ville après 18 heures.  
Au début de la séance on commence par lire les demandes puis les offres de savoirs. On procède ensuite à l'échange.


 
Mais qu'échangent les élèves ? 
 
On demande souvent des maths, souvent des démonstrations très précises. C'est très rare que les demandes soient extra scolaires. Au début d'ailleurs les jeunes d'Upe2a n'osent pas offrir des éléments de leur culture comme une heure de cours de géorgien ou d'arabe. Petit à petit ça vient à cause des demandes des jeunes français.


 
Quel rôle a l'association ? 
 
Il est important car les animateurs n'ont pas le même regard sur les élèves. Avec eux les élèves n'hésitent pas à devenir plus moteurs. Ce sont donc les postures de tous qui changent. 
 
Cette initiative fait boule de neige ?  
 
Quatre collèges à Mulhouse y participent maintenant. Des collègues y viennent aussi. Une professeure de français échange des corrections de devoirs qu'elle fait faire par des élèves. En maths une collègue fait coopérer les élèves sur des situations problèmes. 
 
Propos recueillis par François Jarraud

La pédagogie des R.É.R.S. présentée au 9ème Forum des Enseignants Innovants (FEI) (2016)



Avec Nicole Desgroppes, nous étions présentes à ce forum, organisé par le café pédagogique en partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale, les 25 et 26 novembre derniers.

C’était au lycée Paul Bert à Paris et nous avons eu l’honneur de la visite, sur le forum, de notre Ministre : Mme Najat Vallaud-Belkacem.
Nous étions une petite centaine d’enseignants venus de la France entière. 
Ce qui nous a réunis : la volonté de montrerqu’il est possible d’innover au sein même de l’Education Nationale.

Beaucoup de projets présentés étaient innovants dans le sens numérique du terme. 
Le projet que j’ai présenté était innovant dans le sens où il s’agit d’un partenariat éducation populaire / Education Nationale. Pour les membres des R.É.R.S., le projet est connu puisqu’il s’agit de l’entraide entre élèves au collège, l’expérience menée depuis plus de trois ans en partenariat avec le REZO! de Mulhouse.


Ecrit réalisé au Collège Bel-Air à Mulhouse 

Ce projet, qui a été présenté également au colloque «la force de la réciprocité et de la coopération pour apprendre», en juin dernier à Evry, portait, pour le FEI, le numéro 118 et a été vu par bon nombre de visiteurs. Plusieurs dizaines de personnes ont pris le dépliant des RERS, en disant vouloir contacter le RERS le plus proche de chez eux ou en disant vouloir venir à la rencontre RERS écoles de mai 2017.
 
Quoi qu’il en soit, et même si j’espère les y voir, une chose est sûre, ce forum qui a lieu tous les ans est un véritable «repaire» de pédagogues et cela fait plaisir de constater que l’école pourrait ainsi changer de l’intérieur.

Je suis repartie de ce forum avec un joli diplôme et du baume au coeur d’avoir pu échanger autour d’innovations pédagogiques qui mettent les élèves au centre des apprentissages. Des pédagogies qui misent sur la confiance en soi, l’estime de soi, la coopération pour apprendre.

Et c’est sûr que la pédagogie des réseaux d’échanges réciproques de savoirs a toute sa place dans un cadre comme ce forum des enseignants innovants.

Et si on l’affirmait tous, que les R.É.R.S. sont une pédagogie qui peut être utilisée en classe ? 

En tous cas, je continue à l’expérimenter à l’école en Allemagne et en classe entière cette fois. Les élèves apprécient et les premiers résultats sont plutôt encourageants... A suivre...

Patricia Bleydorn-Spielwoy
Un cours d’allemand qui, pour une fois, a fait plaisir
Classe de 4ème, dans un collège REP+, prévention violence, un mardi après-midi de mars. 
 
13h25 dans la cour : les élèves se renseignent pour savoir comment ils vont être placés en classe. 
C’est qu’à chaque fois, en salle 205, la salle avec les tables en îlots, c’est un peu la surprise pour les élèves. Car, avec cette classe, ce n’est pas évident du tout : pas facile de les intéresser aux apprentissages scolaires. Trop de bavardages, trop de débordements à gérer. 
 
C’est pourquoi il y a déjà eu diverses tentatives de ma part : 
  • Défaire les îlots, pour les refaire pour l’heure d’après, car dans cette salle, les tables doivent obligatoirement être en îlots. J’ai tenté alors les séances hors séquence, en misant sur les faits culturels majeurs, à travers une vidéo, avec du vocabulaire à découvrir et à réinvestir la fois d’après sous une forme ludique, numérique avec quizlet... 
  • J’ai déjà tenté diverses formes de travail en groupe : parfois des groupes homogènes, d’autres fois plus hétérogènes. Mais comme les îlots multiplient les possibilités de contacts, il y a toujours des débordements. D’autant plus que la matière que j’enseigne n’est pas la plus populaire... 
Rien de satisfaisant donc dans ces différentes tentatives. Alors, j’ai décidé de me lancer dans cette pédagogie que je pratiquais dans d’autres établissements et qui non seulement rend les élèves plus actifs concernant leur implication dans les apprentissages, mais les rend aussi heureux d’apprendre. Je parle là de la pédagogie des Réseaux d’Échanges Réciproques de Savoirs®.  
 
Voilà sur quoi je me suis appuyée pour partir dans cette direction. 
 
La séance d’avant, durant laquelle je n’ai pas réussi à avoir l’adhésion des élèves, j’ai fini par céder à leur volonté très forte d’avoir des notes. A priori ce devait être un simple exercice d’entraînement à la justification, sous trois formes différentes : «weil»(parce que), «damit»(afin de) et «um»(pour), chacune de ces formes ayant sa difficulté propre concernant la place des mots dans la phrase. 
Les explications données sous la forme d’un cours magistral dans une salle très exigüe, étaient également présentes sur la feuille d’exercice avec des exemples. 
Calmés à l’idée d’avoir une note, les élèves se sont lancés dans l’exercice, j’ai ramassé et j’ai noté.  
Il y a eu deux excellentes copies, d’autres très moyennes et d’autres qui n’ont pas pu être notées. Mais ce qui m’a incitée à aller vers la pédagogie des RERS, suite à cette séance, c’est la diversité des réussites des élèves : 
 
Deux élèves ont montré leur maîtrise des 3 formes de justification proposées. 
Deux autres élèves ont montré leur maîtrise de 2 d’entre elles. 
Six élèves ont montré leur maîtrise de l’une d’entre elles et ce n’était pas toujours la même pour les 6 élèves concernés. 
Douze élèves n’ont pas réussi l’exercice.
Tous ces élèves ont bel et bien des savoirs, mais pas les mêmes, d’où l’idée de mutualiser, d’échanger ces savoirs entre eux, de les faire voyager d’un élève à l’autre... 
La séance qui a suivi a été particulièrement chronophage en terme de préparation, mais...

13h30, ce fameux mardi de mars :
 
Les élèves découvrent des étiquettes/prénoms sur des chaises placées en ovale devant le tableau. D’autres étiquettes/prénoms se trouvent sur les tables en îlots. 
 Sur les tables, les élèves découvrent leur copie, une feuille avec leur mission et une enveloppe avec des phrases sous forme d’étiquettes dont les mots sont à remettre dans l’ordre. Ces élèves ont la mission de réfléchir à comment aider un(e) autre élève de la classe à comprendre ce que lui-même/elle-même a compris, à savoir un ou plusieurs types de phrases avec justification. 
Je dois dire que les élèves, dont certains n’ont pas forcément de très bonnes notes, étaient flattés d’avoir une telle mission et ont pris leur temps de réflexion très au sérieux. 
 
Pendant ce temps, les douze autres élèves assis en cercle se sont entraînés à certaines de ces phrases sous une forme ludique. Certains avaient une grande étiquette d’un mot de la phrase complexe avec justification, et d’autres devaient inviter leurs camarades à se placer de façon à obtenir la phrase qui en respecte la syntaxe. 
 
Au bout de 20 minutes, les élèves qui allaient offrir leur savoir étaient prêts. 
 
Les échanges se sont déroulés dans le calme et avec beaucoup de concentration de la part des élèves, quel que soit leur rôle, jusque vers 10 minutes avant la fin du cours, où certains élèves ont du se souvenir qu’habituellement ils ne viennent pas pour être sérieux. 
 
En attendant, j’ai pu passer aux différents îlots pour remettre aux élèves, le carnet des savoirs qui voyagent, où pour être expert absolu dans un domaine, il faut non seulement avoir réussi à expliquer un savoir à un autre élève, mais où il faut, en plus, que celui qui a bénéficié de l’aide soit en capacité de transmettre ce savoir à son tour et devienne donc lui-même offreur de savoirs. 
 
Et si le côté innovant de cette pédagogie se situait justement là ? Dans la notion de réciprocité qui fait que dans les rers, chacun est, à la fois offreur et demandeur de savoirs. 
Oui, certes, certains élèves, n’étaient durant cette séance qu’offreurs de savoirs, mais ceux qui étaient demandeurs vont se faire un plaisir de chercher dans quel domaine ils sont compétents, pour offrir ce que certains offreurs de la séance de ce fameux mardi ne savent pas forcément... 
 
A la fin de la séance, les élèves ont pu s’exprimer sur leur ressenti. Ceux/celles qui ont offert étaient contents parce que, d’après eux, les élèves à qui ils ont expliqué ont bien compris. Ceux/celles qui ont bénéficié des explications de leurs camarades, ont dit qu’avec les mots, les aides d’autres élèves, ils comprenaient plus facilement que dans un cours traditionnel. 
 
Bien sûr, ce ne fut là qu’une première séance qui, je l’espère, va être suivie par de nombreuses autres. Ce fut, en tous cas, la première fois que je voyais des élèves aussi concentrés, aussi avides d’en savoir plus et motivés à l’idée que ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas compris un certain type de phrase, qu’ils allaient toujours rester ceux à qui on explique, mais qu’eux aussi vont pouvoir expliquer un jour. 
 
Le bonus inattendu ? Sylvia (prénom modifié) qui habituellement se montre particulièrement rebelle, qui refuse d’enlever sa veste, de sortir son cahier et qui, ce jour là, offrait un savoir, est venue vers moi et m’a demandé si elle pouvait me serrer dans ses bras.  
 
Patricia BLEYDORN-SPIELEWOY, 26/03/2018 
TROC SAVOIRS - STRASBOURG
Si vous aussi avez envie de témoigner sur votre expérience de la pédagogie des rers® en classe, ou dans le cadre d’activités périscolaires, merci de nous en faire part :
  • envoyez-nous un petit paragraphe ou un article à ce sujet  
  • transmettez-nous des témoignages d’élèves  
  • rejoignez-nous aux rencontres rers-école qui se dérouleront les  20-21 octobre 2018 dans les locaux de FORESCO : 3 cours Blaise Pascal  91000 ÉVRY
contact : FORESCO foresco@orange.fr ou 01 60 78 68 55  
et ... n’hésitez pas à en parler autour de vous !
Plaisir d’aller à l’école

Trois classes ouvertes et coopératives à Orly. Racontées par l’institutrice et vingt-quatre de ses anciens élèves, quatre de leurs parents, des enseignants du primaire et du collège, des intervenants et membres du réseau d’échanges de connaissances d’alors. 
Des élèves qui affirment avoir expérimenté le plaisir d’aller à l’école, le désir d’apprendre, le bonheur de coopérer, la chance de s’entraider, l’efficacité d’enseigner à leur tour… 
Une pratique pédagogique innovante qui peut largement inspirer les nécessaires changements de l’Ecole de la pédagogie, du métier d’élève et du métier d’enseignant, de la formation des enseignants, des liens avec le territoire de vie proche et le monde de l’Education populaire. 
Une évaluation rare : environ quarante ans plus tard, des adultes responsables indiquent ce qu’a été pour eux cette expérience et ce qu’elle a pu leur apporter. 
Grâce à cet ouvrage vivant et émouvant, on découvre, dans ces classes, les racines, les fondements, les fondations des Réseaux d’échanges réciproques de savoirs. 
Une Ecole « ouverte », dynamisée par la richesse de son environnement social et culturel, dans le village, dans le canton, dans le quartier, dans la ville ? Les institutions d’éducation – l’Ecole, l’Université… – contribuant au développement des formations « pour tous », « par tous », tout au long de la vie et dans toutes les situations de la vie ? Oui, c’est possible ! 
Coopération plutôt que compétition ? Accès multiples pour tous à tous les savoirs ? Considération de chacun comme essentiel pour une société apprenante ? Autour de ces attentes, cet ouvrage témoigne des effets étonnants de la réciprocité pédagogique et d’une économie des dons réciproques.
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